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Codeine

Contre la douleur, la codéine n'existe en France qu'en association, sur ordonnance sécurisée ; seule, elle ne sert qu'à calmer la toux.
Taille du conditionnement Par unité Prix ​​spécial Action
30 comprimés 9.67€
290€
60 comprimés 8.05€
483€
90 comprimés 7.51€
676€
120 comprimés 7.24€
869€
180 comprimés 6.97€
1255€
270 comprimés 6.79€
1834€
360 comprimés 6.73€
2422€

La douleur visée et la place de ce médicament

Derrière une recherche sur la codéine, beaucoup imaginent un antalgique vendu seul. En France, contre la douleur, la codéine n'existe qu'en association : avec le paracétamol, comme dans DAFALGAN CODEINE 500 mg/30 mg, comprimé pelliculé, avec le paracétamol et la caféine, ou avec l'ibuprofène. Cette association est indiquée chez les patients de plus de douze ans pour une douleur aiguë d'intensité modérée, lorsque le paracétamol ou l'ibuprofène pris seuls ne suffisent plus.

Le médicament n'est donc pas un premier choix, mais une étape suivante : il intervient quand une douleur résiste à un antalgique simple. Sa place reste ponctuelle, sur une durée courte.

Cette association appartient aux opioïdes faibles : la codéine doit d'abord être transformée par le foie pour produire son effet antalgique, un détail qui explique une partie des différences ressenties d'un patient à l'autre, développées plus loin.

Sous quelle forme la codéine se délivre

DAFALGAN CODEINE existe en comprimé pelliculé, en boîtes de 16, 40 ou 100 comprimés sous plaquettes thermoformées, et en comprimé effervescent sécable. Contre la douleur, les associations vendues en France dosent la codéine entre 20 et 60 mg par unité, selon la marque et le partenaire, paracétamol ou ibuprofène. La codéine 15 mg existe bien, mais seule et pour un autre usage : un comprimé de PADERYL 19,5 mg contient 15 mg de codéine, et ce médicament traite les toux sèches gênantes de l'adulte, pas la douleur. D'autres sirops contre la toux associent la codéine à des plantes ou à d'autres substances. Tous ces produits relèvent des mêmes règles de prescription.

Depuis 2017, la codéine, même en association, a quitté la vente libre : elle appartient à la liste I, la catégorie la plus stricte hors stupéfiants, et ne se délivre que sur ordonnance. Depuis les règles entrées en vigueur en 2025, la prescription doit en plus être rédigée en toutes lettres sur une ordonnance sécurisée, un papier doté d'un filigrane ; une ordonnance ordinaire ne suffit plus. Je précise souvent ce point au moment de rédiger : une posologie écrite seulement en chiffres ne permet plus la délivrance.

Une même ordonnance ne couvre par ailleurs qu'un maximum de douze semaines. Le médicament se conserve trois ans à compter de sa fabrication, sans précaution particulière hormis la date indiquée sur la boîte : passé ce jour, les comprimés restants ne se prennent plus. Les conditions complètes de délivrance et de conservation figurent dans le résumé des caractéristiques du produit de DAFALGAN CODEINE, comprimé pelliculé, publié sur la base de données publique des médicaments.

Ce que le comprimé renferme

Chaque comprimé pelliculé associe deux substances actives à dose fixe : 500 mg de paracétamol et 30 mg de phosphate de codéine hémihydraté. Le paracétamol agit comme antalgique et antipyrétique ; la codéine, un opioïde faible, complète cette action sur des douleurs que le paracétamol seul ne suffit pas à soulager.

Le pelliculage est blanc. Le sodium est le seul excipient à effet notoire signalé : chaque comprimé en contient moins de 1 mmol, soit 23 mg, ce qui le rend essentiellement « sans sodium ».

Posologie, plafond et durée

Chez l'adulte, la dose habituelle est de un à deux comprimés par prise, avec un intervalle minimum de six heures entre deux prises. Il n'est en général pas nécessaire de dépasser six comprimés par jour, mais en cas de douleur plus intense, la posologie peut être portée jusqu'à huit comprimés par jour au maximum. La dose totale de codéine ne doit pas dépasser 240 mg par jour, et celle de paracétamol reste plafonnée à 4 g par jour chez l'adulte de plus de 50 kg.

La personne âgée reçoit une dose initiale réduite de moitié, ajustée ensuite selon la tolérance. Si la fonction rénale décline, l'élimination ralentit : entre 10 et 50 mL/min de clairance de la créatinine, l'intervalle minimum passe à six heures et le paracétamol reste plafonné à 3 g par jour ; en dessous, l'intervalle minimum passe à huit heures et le plafond descend à 2 g. Une insuffisance hépatique légère à modérée impose la même prudence, avec un maximum de 2 g de paracétamol par jour, la même limite valant en cas d'alcoolisme chronique ou de syndrome de Gilbert ; une insuffisance hépatique sévère rend au contraire ce médicament contre-indiqué.

Chez l'adolescent de douze à dix-huit ans, la posologie dépend du poids, pas seulement de l'âge : un comprimé toutes les six heures, sans dépasser quatre par jour, entre 31 et 50 kg ; au-delà de 50 kg, un comprimé par prise suffit en général, deux en cas de douleur plus intense, sans dépasser six comprimés par jour. En dessous de douze ans, ce médicament est contre-indiqué, quel que soit le poids.

La durée de traitement doit rester aussi courte que possible et ne doit pas dépasser trois jours ; passé ce délai, l'avis d'un médecin est nécessaire. Je rappelle régulièrement la différence entre les deux plafonds : les douze semaines concernent la validité de l'ordonnance, pas la durée du traitement, pensé pour un épisode de quelques jours. En cas d'oubli d'une prise, on ne double pas la dose suivante : on reprend le rythme prévu, au prochain horaire.

Métaboliseurs : pourquoi la même dose n'agit pas pareil

La codéine elle-même est peu active : c'est une enzyme hépatique, le CYP2D6, qui la transforme en morphine, la molécule réellement responsable de l'effet antalgique. Cette transformation ne se fait pas au même rythme chez tout le monde, ce qui explique pourquoi deux patients prenant le même comprimé à la même dose peuvent ressentir un soulagement très différent.

Jusqu'à 7 % de la population caucasienne possède un déficit de cette enzyme : chez ces personnes, l'effet antalgique attendu n'est pas obtenu. À l'inverse, un métabolisme ultra-rapide convertit une part anormalement élevée de codéine en morphine, ce qui expose à des effets indésirables liés à la toxicité des opioïdes, même à une dose habituellement bien tolérée. Les patients connus comme métaboliseurs ultra-rapides ne doivent pas recevoir ce médicament.

Certains médicaments interfèrent avec cette même enzyme et peuvent reproduire artificiellement un profil de métaboliseur lent : c'est le cas de la fluoxétine, de la paroxétine, du bupropion ou de la terbinafine, entre autres, qui réduisent l'efficacité de la codéine sans que la dose inscrite sur l'ordonnance change. J'explique souvent ce point aux patients qui trouvent qu'un traitement autrefois efficace ne soulage plus autant : un médicament ajouté entre-temps peut en être la cause.

Les cas qui excluent ce médicament

Ce médicament ne convient pas à tout le monde. Il est contre-indiqué dans les situations suivantes :

  • chez l'enfant de moins de 12 ans ;
  • en cas d'hypersensibilité connue au paracétamol, à la codéine ou à l'un des excipients ;
  • en cas d'insuffisance hépatique sévère ;
  • en association avec l'oxybate de sodium ;
  • chez les patients asthmatiques et chez les insuffisants respiratoires, quel que soit le degré de l'insuffisance ;
  • au cours de l'allaitement ;
  • chez tous les patients de moins de 18 ans après une amygdalectomie ou une adénoïdectomie réalisée pour un syndrome d'apnée obstructive du sommeil ;
  • chez les personnes connues pour être des métaboliseurs CYP2D6 ultra-rapides.

Pendant l'allaitement, il s'agit d'une contre-indication formelle : le paracétamol et la codéine passent tous deux dans le lait maternel. La grossesse suit une logique différente : elle n'est pas interdite, mais l'utilisation ponctuelle n'est envisagée que si elle est cliniquement nécessaire, à la dose efficace la plus faible et la durée la plus courte possible.

Chez l'asthmatique, et chez l'insuffisant respiratoire quel que soit le degré de son insuffisance, la contre-indication tient à l'effet dépresseur de la codéine sur les centres respiratoires.

Dépendance, arrêt et surdosage

Une prise répétée, même à dose thérapeutique, peut entraîner une tolérance, une dépendance physique et psychologique, et un trouble de l'usage des opioïdes, un risque qui croît avec la dose et la durée, et il est plus élevé en cas d'antécédents personnels ou familiaux de troubles liés à une substance, chez les fumeurs, ou en cas d'antécédents de troubles de santé mentale. Un arrêt brutal après un traitement prolongé peut provoquer un syndrome de sevrage, y compris chez le nouveau-né d'une mère ayant pris de la codéine en fin de grossesse.

Le risque respiratoire ne vient pas seulement de la codéine seule : d'autres opioïdes, des benzodiazépines, des gabapentinoïdes ou tout autre sédatif du système nerveux central majorent la dépression respiratoire en association. L'alcool majore l'effet sédatif de la codéine : les boissons alcoolisées et les médicaments qui contiennent de l'alcool sont à éviter pendant le traitement.

Un surdosage en paracétamol reste la complication la plus grave, surtout chez la personne âgée, l'enfant, ou en cas d'atteinte hépatique, rénale ou d'alcoolisme chronique. Les premiers signes — nausées, vomissements, pâleur, sueurs, douleurs abdominales — apparaissent dans les vingt-quatre premières heures et peuvent précéder une atteinte hépatique grave. Une prise en charge hospitalière immédiate est nécessaire, avec un dosage sanguin du paracétamol et un antidote, la N-acétylcystéine, à administrer le plus tôt possible, si possible avant la dixième heure.

Un surdosage en codéine se manifeste chez l'adulte par une somnolence marquée, un ralentissement de la respiration et une coloration bleutée de la peau ; chez l'enfant, le seuil toxique se situe autour de 2 mg par kilogramme en une seule prise. La prise en charge d'urgence repose sur une assistance respiratoire et, si nécessaire, l'administration de naloxone, l'antidote spécifique des opioïdes.

Effets ressentis et effets à signaler

Du côté du paracétamol, des réactions d'hypersensibilité sont possibles — éruption, urticaire, œdème de Quincke, jusqu'au choc anaphylactique — et leur survenue impose l'arrêt immédiat et définitif du médicament. Un bronchospasme a été décrit, surtout chez les asthmatiques sensibles à l'aspirine ou aux anti-inflammatoires, ainsi que des diarrhées, des douleurs abdominales ou une élévation des enzymes du foie.

Les effets liés à la codéine sont, pour la plupart, de fréquence qui ne peut pas non plus être établie : somnolence, vertiges, constipation, nausées, myosis, état confusionnel, rétention urinaire ou dépression respiratoire. La constipation peut résister aux laxatifs et demande une surveillance du transit.

L'attention est attirée, notamment chez les conducteurs de véhicules et les utilisateurs de machines, sur les risques de somnolence dus à la présence de codéine.

Qu'il soit connu ou inhabituel, un effet indésirable peut être déclaré à l'ANSM, sur son portail, aussi bien par le patient que par un soignant ; cette déclaration contribue à la surveillance continue du médicament.

Questions de fin de consultation

Peut-on obtenir ce médicament sans ordonnance ?

Non. Aucun médicament contenant de la codéine ne se délivre sans ordonnance en France, qu'il soit destiné à la douleur ou à la toux, et la vente à distance des médicaments sur ordonnance y est interdite. Le médecin fait d'abord le point sur le risque de dépendance et sur les traitements déjà pris.

Pourquoi ce médicament est-il interdit avant 12 ans ?

À cause du risque de toxicité opioïde : chez l'enfant, la transformation de la codéine en morphine varie d'un enfant à l'autre sans pouvoir être prévue. Une transformation trop rapide donne un taux de morphine plus élevé qu'attendu, avec somnolence, respiration superficielle, pupilles contractées, nausées ou vomissements, et dans les cas graves une dépression respiratoire.

Ce médicament peut-il être utilisé contre la toux ?

Non, il n'est pas indiqué pour traiter la toux. En cas de toux productive, la codéine peut au contraire entraver l'expectoration .

Combien de paracétamol peut-on prendre par jour en comptant les autres médicaments ?

La dose totale ne doit pas dépasser 4 g par jour chez l'adulte de plus de 50 kg, tous médicaments contenant du paracétamol confondus, et 3 g chez l'adulte de moins de 50 kg, en cas de malnutrition, de jeûne ou d'amaigrissement récent, ou de déshydratation. De nombreux produits contre la douleur, la fièvre ou le rhume en contiennent déjà, y compris sans ordonnance ; mieux vaut vérifier leur composition ou demander conseil au pharmacien avant d'en ajouter un.

Les informations de cette page ont une vocation informative et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé. Avant de commencer, de modifier ou d'arrêter un traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Examiné et approuvé par Dr Thierry Mauger

Les opioïdes faibles se prescrivent en ville, pas à l'hôpital : c'est le médecin traitant qui décide d'un tramadol après une entorse mal calmée, qui le renouvelle ou qui l'arrête. Thierry Mauger exerce dans un cabinet de médecine générale à Nantes, où il suit les mêmes patients sur des années — la durée qui permet de voir si une douleur s'installe et si le traitement, lui, s'installe avec elle.

Il a obtenu son diplôme à la faculté de médecine de Nantes Université en 1994, puis son diplôme d'études spécialisées de médecine générale trois ans plus tard. Il est membre de la Société Française de Médecine Générale. Ce qu'il vérifie systématiquement avant de renouveler un antalgique opioïde : depuis quand il est pris, à quelle dose, et si la douleur d'aujourd'hui est encore celle du premier jour.

Renouveler un opioïde, c'est reposer la question, pas recopier l'ordonnance.
Dr Thierry Mauger

Dr Thierry Mauger